Dans le domaine des casinos en ligne, le Canada fait partie des références en raison de la façon dont cette industrie y est gérée. Le pays a su développer un écosystème florissant, notamment grâce à l’encadrement des jeux d’argent en ligne. Aujourd’hui, de nombreux emplois légaux sont créés dans ce domaine. La France, qui est connue comme une nation historique du jeu de hasard, a paradoxalement un marché quelque peu verrouillé par son système. Les licences ne sont en effet limitées qu’aux paris sportifs et au poker en ligne. Il n’est pas possible de jouer à des jeux traditionnels de casino en ligne dans ce pays de façon légale. Et si la France s’inspirait du modèle canadien pour son industrie des casinos en ligne?
Le cadre réglementaire des casinos en ligne au Canada, la force de cette industrie
Le système canadien de régulation des jeux en ligne est caractérisé par une décentralisation qui permet à chaque province de légiférer et d’organiser les jeux d’argent sur son territoire. Cela entraîne des réglementations différentes d’un territoire à un autre.
Par exemple, en Ontario, le marché est ouvert aux opérateurs privés depuis 2022 via iGaming Ontario. L’Alberta s’apprête à suivre le pas. Dans d’autres provinces comme le Québec ou la Colombie-Britannique, les joueurs sont invités à jouer sur des plateformes officielles détenues par les autorités provinciales, même si de nombreux sites internationaux y sont présents en raison du marché gris.
Quoi qu’il en soit, le marché des jeux en ligne canadien est assez mature, diversifié et évolutif, ce qui a pour conséquence de créer des emplois tout en satisfaisant les joueurs.
L’industrie des casinos en ligne au Canada: un secteur créateur d’emplois
Les casinos en ligne canadiens se distinguent comme d’excellents employeurs, offrant des conditions de travail flexibles, des salaires compétitifs et des opportunités de croissance professionnelle dans le secteur numérique en pleine expansion. Le National Post a d’ailleurs récemment publié un guide complet des meilleures options de casinos en ligne au Canada, soulignant la qualité et la fiabilité de cette industrie florissante.
L’industrie des casinos en ligne au Canada crée des emplois directs ainsi que des emplois indirects. Les jeunes diplômés dans des domaines comme l’informatique, le marketing, la finance et le droit peuvent trouver leurs places dans cette industrie. Les casinos en ligne emploient en effet des développeurs de logiciels, des data analysts, des spécialistes en cybersécurité, des agents de support client, etc.
De même, les opérateurs font recours à divers prestataires pour faire fonctionner leurs entreprises. On a entre autres les sociétés de paiement en ligne, les agences de marketing digital et autres. Cette chaîne crée de nombreux emplois en ligne et physiques ainsi que des retombées économiques considérables.
Les autorités publiques peuvent par ailleurs profiter des revenus fiscaux que génèrent les casinos en ligne proposant leurs activités sur leurs territoires. En plus de ces revenus fiscaux, les provinces peuvent aussi bénéficier des taxes corporatives standards payées par les opérateurs sur leurs bénéfices.
La situation française: un potentiel encore limité
La régulation des jeux en ligne en France freine un peu le développement de ce domaine. Le marché français dispose d’une taille démographique similaire à celle du Canada, mais il génère moins de revenus et emploie moins de personnes. Les casinos ont toujours été appréciés dans le pays et ce n’est pas un hasard s’il y a autant d’établissements physiques. La disponibilité des établissements en ligne aurait permis aux amateurs d’avoir une alternative quand ils n’ont pas envie de sortir.
L’interdiction des casinos en ligne traditionnelle pousse une grande partie des joueurs français vers des sites offshores. Ces derniers échappent à la fiscalité française et privent donc l’État de ressources substantielles. De même, ces sites n’ont aucune obligation d’employer directement des Français, que ce soit de façon directe ou indirecte, alors qu’une telle condition aurait pu être mise en place par l’État.
L’argument principal donné pour cette réglementation stricte est la protection des populations vulnérables face aux risques d’addictions. Cependant, en prenant l’exemple du modèle canadien, on peut voir qu’une ouverture peut s’accompagner d’une protection robuste des joueurs.
La France doit-elle copier le Canada?
Il ne s’agit pas de copier exactement ce que le Canada fait en la matière. Il s’agit plutôt de s’en inspirer et de l’adapter au système français. Le contexte historique et culturel de la France ne lui permet pas de décentraliser la réglementation des jeux en ligne comme le Canada l’a fait. Le maintien du cadre légal assuré par l’ANJ est la meilleure solution pour le pays.
Ce qu’il serait possible de faire, c’est d’ouvrir l’industrie à une certaine concurrence, en s’assurant que la Française des Jeux garde une présence significative. Cette concurrence entraînera plus d’innovations dans le domaine, au grand bonheur des joueurs. L’autre préoccupation en France concerne le réseau physique des casinos terrestres. Ces derniers génèrent plus de 50 000 emplois directs et indirects et constituent parfois l’employeur principal des stations balnéaires ou thermales.
Sur ce plan, la France pourrait s’inspirer du Canada, avec certains établissements physiques qui ont lancé leurs services en ligne. Le pays a montré que les casinos terrestres et les établissements physiques peuvent bien cohabiter. L’idée pourrait même être de commencer à offrir des licences de casinos en ligne aux établissements physiques avant de les étendre plus tard aux casinos qui n’existent que virtuellement. Cela contribuerait déjà à créer plus d’emplois et bien évidemment, plus de profits.